Il était parti avant l’arrivée du train, car un appel de sa
soeur l’avait inquiété. Il était
question de la santé de son père : il décida d’aller lui rendre visite. En
arrivant, la porte du bâtiment était fermée et il ne se rappelait plus le code
d’accès. Par chance elle venait d’arriver, chargée de ses courses. Il la
connaissait déjà, mais à ce moment-là, il eut pour elle un penchant tardif, comme si quelque chose en elle,
auparavant discret et effacé, tout à coup ne devenait que volupté. Ils ont échangé quelques mots et chacun est parti vivre sa vie.
Son père était dans un piteux état et la maison, si bien
rangée à l’époque où sa mère était encore vivante, était devenue un vrai capharnaüm.
Cela faisait longtemps qu’il ne lui rendait pas visite et cela ne dérangeait
pas son père qui n’avait jamais eu envie de compagnie de qui que ce soit après
la mort de son épouse.
Seule la compagnie de la voisine intéressait son père - cette même femme qu’il venait de rencontrer à l’entrée de l’immeuble.
La voisine était plutôt une femme banale, toutefois petit à
petit son père a commencé à s’intéresser à elle. Tous ses mouvements étaient
suivis avec attention et cette focalisation sur cette femme le rendait insensé.
Elle était devenue son centre d’observation, sa passion et son obsession, au
point de le rendre fou d’elle et d'en être malade.
Il n’avait plus envie de rien sauf d’elle. Il pensait constamment à elle. Il lui écrivait des poèmes
galants, des lettres d’amour - et à chaque ligne il s’affaiblissait, comme s’il
mourait d’amour pour elle.
Lucia Thébaud
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