lundi 4 juin 2018

Ecrire au musée

Merci au Musée d'Art et d'Archéologie de la Ville de Senlis qui nous a reçus, ce 26 mai, pour écrire à partir des oeuvres exposées !

A toi, ma Sulbanecte, qui est venue me voir pour que je sculpte ton beau visage auréolé d’une divine chevelure dorée.
J’ai eu beaucoup de mal et de travail, tu sais, à marteler la pierre récupérée dans les carrières avoisinantes. Il fallut d’abord en limiter les contours pour donner de l’importance à ces boucles torsadées qui encadraient tes jolis yeux en amande…
Je me suis souvent demandé ce que tu venais chercher dans ce temple perdu au beau milieu de la forêt d’Halatte.
Tout semblait pourtant te réussir.
J’aurais pu me souvenir de l’an passé ; ce sont tes seins que j’ai modelés, afin que tes prières empêchent l’abcès qui rongeait l’un d’eux, à évoluer, une fois mon œuvre déposée là-bas ! Mais cette fois, alors que tu n’exigeais aucun artifice, je n’aurais pu imaginer que tu souhaitais tout simplement remercier les dieux de t’avoir permis de rencontrer le bel empereur Claude, lors de son passage sur nos terres, pour aller conquérir l’Angleterre !
Tu en étais éperdument amoureuse, mais hélas aucun ex voto ne permettra jamais que vous vous aimiez un jour...
Sylvie

A la suite d’un vœu

Elle fouillait déjà quelques heures, minutieusement, suivant les consignes de l’archéologue. 

Il faisait lourd et la tâche devenait pénible. A l’aide de ses outils, elle balayait, creusait et remuait une superficie d’environ un mètre carré. Pendant la journée, aucun objet n’avait été répertorié. Pourtant, on insistait. Elle ne se lassait pas. L’équipe avait déjà trouvé des ex-votos sur le site, et l’idée que quelqu’un, il y a presque mille ans, avait pu croire à une guérison en faisant des offrandes à un dieu quelconque l’amusait, puisqu’elle était une non-croyante radicale.

L’équipe du site se rencontrait tous les week-ends. Elle participait aux fouilles pour remplir ses fins de semaine - fins de semaine un peu fades : elle ne connaissait encore personne - il faut dire qu'elle venait d’arriver au village.

Sa vie d’avant était plus remplie. Des amis, des petits-amis, des sorties en groupe ou toute seule. Il fallait bouger, faire semblant que le temps qui passait laissait derrière lui un sillon de jouissance. 
Elle pensait à tout cela en creusant, elle cherchait dans sa nouvelle vie quelque chose de valable, quelque chose pour se battre, pour sortir de ce néant qui était devenu son existence. 

Elle cherchait, et à ce moment-là, un petit-quelque chose a pointé. Elle balayait plus vite avec son outil, l’objet se montrait à elle au fur et à mesure de ses efforts. Et en le voyant dégagé de la terre qui le cachait, un sourire aux lèvres, elle a appelé l’archéologue et ses assistants.
Lucia

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